lundi 27 juillet 2009

Fumer, l'éternel plaisir

Le rituel est le même, identique, rien ne change mais on ne s'en lasse jamais. On sort la cigarette du paquet. C'est toujours la troisième cigarette en partant de la droite ou de la gauche de la première rangée qui y passe. Etant la plus facile à extirper, on parvient à ce faire de la plus aisée des manières. La cigarette du milieu, celle la plus à droite ou la plus à gauche demande beaucoup plus d'habileté et de dextérité, mais on finit presque toujours par abandonner. C'est l'impatience qui veut ça, l'impatience d'allumer le plus vite possible ce petit bout de plaisir. Ce dernier roule subtilement de la pince pouce-index qui l'a retiré du paquet au ciseau index-majeur qui le met dans les meilleures dispositions pour faire le travail. On porte la cigarette à la bouche et les lèvres se saisissent de l'objet tel un piège qui se referme sur sa proie d'une façon aussi particulière qu'indescriptible. La flamme jaillit et allume le bout à la premiére bouffée. Ce bout de cigarette prend toutes les nuances de rouge à mesure que l'on inspire atteignant un rouge éclatant en fin de bouffée incitant vivement à expirer. La première bouffée n'a nulle pareille. C'est celle qui brûle le plus la gorge quand on est jeune fumeur et la plus docile et clémente quand on est un vieux de la vieille. Toutes les bouffées qui suivent sont machinales, rythmées par un tempo personnel qui sied à chaque fumeur. Le plaisir grandit, les récepteurs de la nicotine au niveau du cerveau, connus pour leur intransigence, sont apaisés par le flot de cette substance qui n'a jamais été aussi abondante. L'envie de fumer si vive et si coriace du début disparaît lentement mais sûrement. Cédant finalement, on écrase le mégot, reste d'une cigarette consumée jusqu'au bout sans coup férir. On est de nouveau d'aplomb. On se dit presque: " à la prochaine". Et la prochaine ne se fait pas trop attendre.

samedi 25 juillet 2009

"Chez nous"

Je ne trouve pas de mots. Et ces mots que j'écris sont loin de la réalité. Tellement loin. Si je me risque à dévoiler quelques aspects de quelque vécu, je vous assure que ce vécu fera à coup sûr s'il était écrit par autre que moi ayant un plus grand talent un récit merveilleux. Les mêmes visages, les mêmes murs, les mêmes habitudes, les mêmes attitudes, les mêmes rituels, tous les jours, tout le temps, prennent soudain un autre sens. On se dit secrètement , et l'autre comprend, que même si on est bien, on aimerait que les choses changent. Pour une fois, qu'elles changent pour l'amour de Dieu. J'ai obtenu, non que je le méritais particulièrement, que les choses changent l'espace de quelques instants, des instants pour la plupart volés, et l'autre comprend. Une lumière alors surgit comme je ne l'attend guère et suffit à redonner de l'éclat à ce qui autrefois semblait terne, et l'autre comprend. On devient accro, on se refuse à accepter que ce n'était que fugace et on fait tout pour prolonger l'improlongeable quitte à y laisser des plumes, et l'autre comprend. Tout ce qu'on détestait, ce qu'on rebutait, ce qui dégoutait, on s'en empare, on se l'approrie s'il nous aide à accéder à ce qui est devenu désormais indipensable, et l'autre comprend. L'endroit qu'on haïssait le plus devient comme par magie un "chez nous"..., et l'autre comprend... L'autre a toujours tout compris.

Je ne mérite pas un titre

J'ai faim, j'ai soif, j'ai chaud, je souffre, j'ai sommeil, je ne suis plus sûr du fait que ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort. Ce qui ne me tue pas me frappe au ventre, m'arrache une douleur inimaginable, m'inflige une terreur inouïe, me met plus bas que terre, me transperce de part en part. Les larmes, parlons-en. Elles devraient être exceptionnelles, mais quand elles sont sollicitées tout le temps, pourquoi en faire un fromage. Je crie, je hurle, je m'égosille, je n'en peux plus. Délivrez-moi de cette absurdité, délivrez-moi de ce néant qui m'entoure. Je ne suis plus rien. Je suis l'ombre de moi-même si jamais un "moi-même" ait un jour existé. J'ai honte, je ne crierai plus jamais victoire, je refoulerai toutes mes ambitions, je n'aurai plus de prétention, mais je ne lâcherai rien, je n'abandonnerai pas, je continuerai à marcher car c'est la promesse faite à moi-même que je tiens encore, je dois m'habituer au brouillard car c'est la seule vision claire que j'ai, quand j'aurai un genou à terre, je ne m'écroulerai pas, je me relèverai comme toujours et advienne que pourra. Je suis toujours moi-même mais en plus réaliste, car le réalisme, il n'y a que ça de vrai, bien que je sache que l'idéalisme c'est la vraie beauté.

mardi 27 janvier 2009

L'espoir m'a fait vivre ...

L’espoir fait vivre mais l’espoir n’a rendu personne heureux. Périssable est cet espoir quand il reste inassouvi. Lorsqu’il n’y a aucun signe du destin, pourquoi espérer quand rien n’incite à l’espoir ? Notre époque est parfois d’une telle cruauté, s’acharnant à créer des monstres de réalisme et de cynisme. Pourquoi rêver quand on n’a pas les moyens de rendre concret ce qui est abstrait ? Pourquoi se tourmenter par des ambitions qui sont la plupart du temps démesurées ? Pourquoi l’idéal qu’on fabrique est très loin d’être à portée de main ? L’espoir est dès lors placé dans un moule de réalisme qui le tue à petit feu, la vie est alors subie et non plus vécue.

On renaît de ses cendres, on vit pour la toute première fois, l’espoir n’a pas été vain. L’espoir a fait vivre celui qui ne s’en est pas détaché, qui a tenu bon et qui a résisté contre vents et marées, et puis s’est évanoui cédant sa place au bonheur, celui-là, tant attendu.

L’espoir m’a fait vivre et un beau jour m’a quitté. Ne me demandez pas comment j’ai pu parvenir à ce degré de bonheur que je ressens maintenant, ce serait trop long à relater, et ce petit texte ne se veut guère exhaustif. Je veux dire que la recherche du bonheur est avant tout une quête personnelle. En ce qui me concerne, j’ai bien été aidé par un concours de circonstances et surtout, par une personne qui m’est très chère. Si je suis heureux, c’est grâce à elle. Chaque mot, vous le comprendrez d’une façon, elle le comprendra d’une toute autre vu que, cette histoire, qui n’est pas finie, elle l’a vécue, ou plutôt NOUS l’avons vécue, ENSEMBLE.

vendredi 12 décembre 2008

Solennellement j'emmerde les Tunisian Blog Awards


Ceci est purement et simplement un message de haine. Cette haine ô combien fondée des Tunisian Blog Awards ou les adorateurs de Ammar. Ces fanas de l'auto-censure motivée surement par la peur la plus idiote, la plus infondée et la plus lâche se croient investis d'une mission ou quelque chose dans le style (bien sûr si on peut utiliser ce terme en parlant de leur sale tronche), celle de l'épuration des parasites de la blogosphère et la récompense des éléments les plus valeureux. Rien qu'en évoquant cela, j'ai l'impression que je vais développer une crise d'urticaire tellement cela me révulse et me donne envie de cracher de la façon la plus intempestive qui soit (devinez en direction de qui).

On sait tous que notre liberté s'arrête où commence celle des autres, eh bien j'ai décidé d'outrepasser mes droits et de laisser la mienne dépasser la limite permise pour foutre un joyeux bordel en en venant aux mains avec celles de certains, mal employées ou employées à des fins indignes, car je vous le dis: ma liberté adore la baston.

Honte à vous! On s'auto-exclut de votre remise des prix de l'autocensure (quoique l'idée ne m'est jamais venue d'y participer sincèrement) récompensant ceux qui on réussi à ne pas dévier d'une ligne tracée à l'avance par Ammar & Co, cette ligne de l'uniformité des idées et de l'absence de tout esprit critique.

Sur ce, je vous laisse, et vive la Blogosphère Libre (dédicace au général De Gaulle)!

mercredi 10 décembre 2008

Ruez-vous tous à Boukornine!


Après une période de silence radio qui a trop duré et qui ne dépendait pas de ma volonté propre (études obligent), je me dois de ressurgir tel Zorro sur sa monture noire pour un un événement assez important et un ami qui en vaut vraiment la peine.

Sans détour ni transition, c'est en l'honneur d'un certain Khalil et de son blog Boukornine qui souffle sa première bougie (eh oui! Un blog ça souffle) que j'écris ce post afin de lui souhaiter bonne continuation quoique je doute vraiment qu'il arrête un jour malgré maintes tentatives de ma part en raison d'une concurrence que je trouve déloyale (question d'un talent qu'il a et que je n'ai pas).

Fort de ses 187 articles (on attend une autre célébration pour le 200ème qu'on attend avant la fin de l'année), notre cher Khalil écrit comme il respire à tel point qu'il est surhumain de suivre sa cadence infernale, reléguant les autres bloggeurs au rang de petits joueurs et s'élevant seul en monstre sacré.

Voici le lien pour ses futurs fans: http://h-lifois.blogspot.com/, et vive Boukornine!

jeudi 30 octobre 2008

L'ivrogne - Jacques Brel



{Refrain:}
Ami, remplis mon verre
Encore un et je vas
Encore un et je vais
Non, je ne pleure pas
Je chante et je suis gai
Mais j'ai mal d'être moi
Ami, remplis mon verre
Ami, remplis mon verre

Buvons à ta santé
Toi qui sais si bien dire
Que tout peut s'arranger
Qu'elle va revenir
Tant pis si tu es menteur
Tavernier sans tendresse
Je serai saoul dans une heure
Je serai sans tristesse

Buvons à la santé
Des amis et des rires
Que je vais retrouver
Qui vont me revenir
Tant pis si ces seigneurs
Me laissent à terre
Je serai saoul dans une heure
Je serai sans colère

{au Refrain}

Buvons à ma santé
Que l'on boive avec moi
Que l'on vienne danser
Qu'on partage ma joie
Tant pis si les danseurs
Me laissent sous la lune
Je serai saoul dans une heure
Je serai sans rancune

Buvons aux jeunes filles
Qu'il me reste à aimer
Buvons déjà aux filles
Que je vais faire pleurer
Et tant pis pour les fleurs
Qu'elles me refuseront
Je serai saoul dans une heure
Je serai sans passion

{au Refrain}

Buvons à la putain
Qui m'a tordu le cœur
Buvons à plein chagrin
Buvons à pleines pleurs
Et tant pis pour les pleurs
Qui me pleuvent ce soir
Je serai saoul dans une heure
Je serai sans mémoire

Buvons nuit après nuit
Puisque je serai trop laid
Pour la moindre Sylvie
Pour le moindre regret
Buvons puisqu'il est l'heure
Buvons rien que pour boire
Je serai bien dans une heure
Je serai sans espoir

{Refrain:}

Ami, remplis mon verre
Encore un et je vas
Encore un et je vais
Non, je ne pleure pas
Je chante et je suis gai
Tout s'arrange déjà
Ami, remplis mon verre
Ami, remplis mon verre
Ami, remplis mon verre